dimanche 4 décembre 2016

Cours des jours

En 2016. Le cinéma, la lecture, et autre spectacles…


5 janvier. Anne Duprez: Claire Mauriac. Le roman d’une mère. (La mère de François M. Très bien.)

5 janvier. Orson Welles: Falstaff. (C’est triste de se détacher des œuvres qu’on a tant aimées.)

6 janvier. Christian-Jaque: Madame du Barry.

7 janvier. Yves Robert: Bébert et l’omnibus.

8 janvier. André Zwoboda: François Villon.

9 janvier. Robert Wise: The Haunting.

9 janvier. Frank Margerin: Chez Lucien.

9 janvier. E. Régniez: Notre château.

10 janvier. François Villiers: Constance aux enfers.

10 janvier. Clouzot: L’assassin habite au 21.

10 janvier. Michel Tournier: Gilles et Jeanne.

15 janvier. Kurosawa: Le Château de l’Araignée. (D'après Macbeth.)

16 janvier. Goscinny et Morris: Lucky Luke, Le 20e de cavalerie.

17 janvier. Pasolini: Mamma Roma.

24 janvier. Todd Haynes: Carol. (Bien. Un peu trop romantique peut-être.)

25 janvier. Olivier Loustau: La Fille du patron. (Film social: ouvriers, rugby et adultère.)

27 janvier. Ettore Scola: La Terrasse.

27 janvier. Thucydide: La Guerre du Péloponnèse.

29 janvier. P. Petit: Paris-Barcelone.

29 janvier. Hong Sangsoo: Un jour avec, un jour sans.

30 janvier. Jacques Rivette: Le Coup du berger. (Court métrage. Cruel.)

31 janvier. P. Petit: Salto solo.

31 janvier. Hugo Pratt: Corto Maltese en Sibérie.

1er février. Jean Cocteau: La Belle et la bête.

2 février. Nabil Ayouch: Much loved.

3 février. Leftovers, saison I. (Pourquoi je déteste regarder des séries en cours: il va falloir attendre un an pour la suite.)

3 février. César Acevedo: La Terre et l’ombre. (Je suis allé voir ce film, bien ennuyeux mais on n’a pas le droit d’en dire du mal, parce que je me suis trompé de salle.)

5 février. Xavier Giannoli: Marguerite. (J’aime bien le personnage qui fait penser à Tzara. Bon film, plein de richesses, d’épaisseur.)

6 février. Pasolini: Décaméron. (Dans les année 70 Pasolini a réussi à trouver des acteurs qui ont des visages (des gueules, des tronches) du XIVe siècle. Il filme les perspectives comme les peintres du XVe siècle. Il joue le rôle d’un peintre qui fait des cadrages avec quatre doigts comme en font, ou en faisaient, les cinéastes.)

7 février. M. Delvigne: Rouge. La fille qui…

8 février. Bertolucci: Prima della rivoluzione. (En VO sans sous-titres.)

10 février. SFU (Quatre premiers épisodes.)

12 février. Anne Fontaine: Les Innocentes.

13 février. Wong Kar-wai: In the Mood for Love. (Hum… bon, je me tais…)

14 février. Abbas Fahdel: Homeland: Irak année zéro. (2 heures 40 + 2 heures 54, je n'ai plus l'âge. Pas le droit d’en dire du mal.)

20 février. D. Dubroux: Eros Thérapie. (Je n'ai trouvé que ce film dans ma dvdthèque que je pouvais regarder avec ma cousine.

24 février. Gorki: Kolovanov. (Gorki n’est pas Tchekhov. Pourtant dans ses lettres ce dernier lui donnait de bons conseils. Mais Gorki n’a rien voulu entendre: résultat! Bon, je reconnais que la nouvelle «Vingt-six et une» est remarquable.)

25 février 2016. Yourcenar: Présentation critique de Constantin Cavafy (1863-1933) suivie d’une traduction intégrale de ses poèmes par Marguerite Yourcenar et Constantin Dimaras. (Je recopie la couverture du livre. On aurait pu dire: Cavafy: poèmes, préface: Yourcenar (65 pages quand même). Quel beau livre!)

28 février: Mikio Naruse: Une femme dans la tourmente.

29 février. Les frères Coen: Ave Cesar. (Même Clooney y est laid.)

1er mars. Mikhaël Hers: Ce sentiment de l’été. (Douce bulle de savon, comme j’en ai besoin en ce moment.)

2 mars. Samuel Collardey. Tempête. (J’y allais pour voir des tempêtes. Mais les tempêtes ne s’y passent qu’à terre, sous le crâne du pêcheur.)

6 mars. Lelouch: Les Uns et les autres. (Que c’est pénible. J’ai mis quatre jours à en venir à bout.)

6 mars. Tinan: Journal intime (1894-1895). (Les ravages de l’amour et de la littérature dans une âme faible de la fin du XIXe siècle.)

7 mars. Charles Williams: Fantasia chez les ploucs.

22 mars. Blake Edwards: Operation Petticoat. (Opérations Jupons. Ne devrait pas être dans cette liste: parce que j’avoue: je n'ai pas pu tenir jusqu'au bout.)

24 mars. Hérodote: L’Enquête.

26 mars. Fitzgerald: Gatsby le Magnifique. (Grand livre!)

27 mars. Hemingway: Les Neiges du Kilimandjaro et autres nouvelles. (Surtout «L’heure triomphale de Francis Macomber» et les trois nouvelles de la fin qui forment un ensemble.)

27 mars. David Russell: Happiness Therapy. (Nul. Je regarde pour faire plaisir, pour tenir compagnie.)

29 mars. Maurice Cloche: Monsieur Vincent. (J’aime Anouilh.)

29 mars. Pierre Assouline: Le Dernier des Camondo. (On apprend des choses.)

30 mars. Modiano: Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. (Je vais finir par en être désenchanté de celui-là, Modiano.)

30 mars. Téchiné: Quand on a dix-sept ans. (Bien mais film à thème…)

30 mars. Renoir La Grande Illusion. (Revu à cause du Haut-Koenigsbourg.)

31 mars. John Ford: Les Raisins de la colère. (En vrai, au cinéma.)

1er avril. Balzac: La Duchesse de Langeais.

2 avril. Jacques Rivette: Ne touchez pas à la hache. (Pénible.)

2 avril. Jack Clayton: The Great Gatsby. (Scénario de Coppola, avec Redford.)

3 avril. John Crowley: Brooklyn. (Très bon film de bons sentiments, à l’eau de rose si on veut, et ça finit bien. Très bon film.)

3 avril. King Vidor: Le Rebelle. (Merci PZ. Découverte de Patricia Neal.)

4 avril. Baz Luhrmann: Roméo + Juliette. (Amusant cinq minutes.)

5 avril. Sanjay Leela Bhansali: Bajirao Mastani. (Bollywood n’est plus ce que c’était.)

6 avril. Imre Kertész: Le Refus.

6 avril. Manoel de Oliveira: Visite ou mémoires et confessions. (Je ne dis rien.)

7 avril. Terence Davies: Sunset Song. (J’y allais pour les paysages d’Écosse: je suis déçu: on y voit des champs de blé.)

9 avril. Imre Kertész: L’Ultime Auberge.

10 avril. Kamel Daoud: Meursault, contre-enquête.

10 avril. King Vidor: La Foule.

11 avril. Vladimir Vodoff: Naissance de la chrétienté russe.

11 avril. King Vidor: Guerre et paix.

12 avril. King Vidor: Salomon et la reine de Saba. (Yul avec cheveux. Somptueux. Pro-Israélien.)

12 avril. King Vidor. L’Homme qui n’a pas d’étoile. (Kirk blond, avec cheveux en bataille. J’ai été pris par la diégèse aux dépens de la narration.)

13 avril. Balzac: Ferragus.

13 avril. Rohmer: Triple Agent.

14 avril. Rohmer: Les Amours d’Astrée et de Céladon. (Il y a un “beau tétin”.) (Les deux films de Rohmer que je n'avais jamais vus. Les avoir découverts enfin ne remet pas en cause mon classement.)

14 avril. A. Camus: L’Étranger.

15 avril.  Elia Kazan: À l’est d’Éden. (Très fort.)

17 avril. Elia Kazan: Un homme dans la foule. (Terrible. Avec la fascinante Patricia Neal.)

18 avril 2016. Robert Siodmak: Les SS frappent la nuit. (Titre original: Nachts, wenn der Teufel kam.)

20 avril. Olivier Besse: François Mauriac, il était une foi. (Documentaire vu sur la chaîne KTO.)

20 avril. Baz Luhrmann: The Great Gatsby. (Du meilleur et du pire, on va dire comme ça. Donc il y a deux Gatsby: Robert Redford et Leonardo DiCaprio. Il y a très longtemps j'ai vu le film avec Alan Ladd mais je n'en garde aucun souvenir.)

21 avril. A. Camus: Caligula. (Pièce à thèse.)

21 avril. Scott Peck: Le Chemin le moins fréquenté.

21 avril. Fitzgerald: Tendre est la nuit.

24 avril. SFU, saison I, 5-10.

24 avril. Fitzgerald: L’Envers du paradis. (Titre original: This Side of Paradise. Autre titre français: Loin du paradis.)

25 avril. Sartre: Les Mouches. (Un peu mieux que le Caligula de Camus, un peu plus vivant, les personnages ont un peu plus de corps. Il n'empêche qu’Oreste a lu les textes de base de l'existentialisme, il les a retenus et nous récite la leçon.)

25 avril. Rohmer: L’Ami de mon amie. (Même si l'on n'aime pas R, excellent documentaire sur le Cergy des années 80.)

26 avril. Mankiewicz: Cléopâtre. (Ça me plaît!)

26 avril: Kértesz: Être sans destin.

27 avril. King Vidor: Beyond the Forest. (Titre français La Garce. Ce n’est pas tout à fait ça. Ni une madame Bovary. Bette Davis un an avant Eve, quasi belle. Noir.)

28 avril. Depardon: Les Habitants. (Film à contraintes, minimaliste planplan. Si c’est cela la société française c'est très désespérant.)

29 avril. Rebecca Miller: Maggie a un plan. (Les intellos bobos new-yorkais sont insupportables. Film léger, drôle, agréable, ce dont j'avais besoin hier après midi. PS: j’y suis allé pour Julianne Moore.)

30 avril. Richard Strauss: Elektra. (Au cinéma, en direct du Met. Qu’est-ce que la beauté.)

30 avril. Pietro Citati: La Mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald. (Bien banal. Complètement inutile.

1er mai. Henry Hathaway: True Grit. (À la télé. La version de 69, avec John Wayne. Mais comme je ne me rappelle plus de l’autre version.)

2 mai. Svetlana Alexievitch: La Fin de l’homme rouge. (Comme quoi l’âme slave et la vodka sont éternelles. Lecture obligatoire.)

2 mai. Godard: Pierrot le fou. (Pas de commentaires.)

2 mai. Shakespeare: Antoine et Cléopâtre. (Version BBC, en VO. Je reconnais que c’est difficile à suivre pour moi.)

6 mai. Michael Curtiz: Casablanca. (En VO sans sous-titres.)

7 mai. Hemingway: Paris est une fête. (Déjà en 1964 j’avais été déçu. Je crois que Hemingway était à bout de course.)

7 mai. Abel Ferrara: Le Roi de New York. (Esthétique. Un jour je déciderai de ne plus jamais regarder ce genre de film.)

7 mai. Lubitsch: To Be or Not to Be. (Où les majuscules? Un jour je déciderai ne de plus regarder que ce genre de film.)

8 mai. Frank Capra: Mr. Smith Goes to Washington.

9 mai. Leondi Moguy: Tragique rendez-vous.

9 mai. Carol Reed: Le Troisième Homme.

10 mai. John Huston: Plus fort que le diable. (Gina Lollobrigida et Humphrey Bogart! Et je n’ai pas reconnu Cluny Brown ! (Jennifer Jones).)

11 mai. Fritz Lang: La Rue rouge.

11 mai. Woody Allen: Manhattan.

12 mai. Joseph Losey: The Servant.

13 mai. Fitzgerald: La Fêlure… (et autres nouvelles autobiographiques).

14 mai. John Huston: A Walk with Love and Death. (J’aime ce film.)

15 mai. Woody Allen: Melinda et Melinda.

16 mai. Gide: Paludes.

16 mai. Woody Allen: Hannah et ses sœurs.

16 mai. Anthony Mann: The Man from Laramie. (Beau !)

17 mai. Balzac: La Fille aux yeux d’or.

17 mai. Rachel Lang: Baden Baden.  (Une banalité intéressante.)

18 mai. François Mauriac: Préséances. (Balzacien. Pasolinien tendance Théorème. Si l’on ne connaissait pas les romans écrits ultérieurement, on dirait que c’est un bon roman.)

18 mai. Woody Allen: Café Society. (Autoparodique sans charme. Si ce n’était pas un Woody Allen 2016, on dirait que ce n’est pas un mauvais film.)

19 mai. Woody Allen: La Rose pourpre du Caire.

19 mai. Almodovar: Julieta.

20 mai. Fitzgerald: Le Dernier Nabab. (Stahr dans la version Pléiade, texte plus “authentique” que la précédente version concoctée après la mort de Fitzgerald par Edmund Wilson.)

20 mai. King Vidor: Northwest Passage. (Formidable film. Et atroce: l'extermination du village indien. Comme tout se tient j’ai acheté le livre sur la Guerre de Sept Ans. 125 mn.)

20 mai. Elia Kazan: Le Dernier Nabab. (Décevant. Dernier film de Kazan. Le scénariste, Harold Pinter, ne s’est pas cassé la tête, et c’est tant mieux: il a fidèlement suivi le texte d’origine. 122 mn.)

20 mai. David Fincher: Gone Girl. (Entièrement d’accord avec A. 149 mn. 149 + 122 + 125 = 396 = 6 heures et demie. Boulimie. Faut que je me calme.)

21 mai. Serge Bromberg: L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot. (Avec des rushes du film. Fatigant.)

22 mai. Robert Wise: Le Jour où la Terre s’arrêta. (Patricia Neal.)

23 mai. Jean-Yves Pranchère et Justine Lacroix: Le Procès des droits de l’homme.

23 mai. Sapphô: Odes et fragments.  (Merveilleuses notes de bas de page de Battistini, sauf qu’elles sont en fin de volume, une note par page, laquelle note commente aussi des pages suivantes, des pages précédentes, voire des pages lointaines… difficile de s’y retrouver, qu’est-ce qu’on perd comme temps.)

24 mai. Martin Ritt: Hud. (Le Plus Sauvage d’entre tous en français, mais ce titre ne colle pas trop; Hud est le nom du personnage incarné par Paul Newman, lequel est d’un caractère bien plus nuancé que le laisse entendre le titre français. Film très riche: western 1962, automobiles et bétail, transistor, fièvre aphteuse, panoramas, rodéos avec cochons, véranda tchékhovienne, twist, plans superbes, le vieux Melvyn Douglas. Dernier film que je peux voir avec la fascinante Patricia Neal, ici dans son meilleur rôle: une “Céline” qui ne se laisse pas faire.)

25 mai. Howard Hughes: The Outlaw. (Rien ne fonctionne dans ce film.)

26 mai. Stanley Donen: Drôle de frimousse.

27 mai. Anthony Mann: Winchester 73.  (Wouah!)

28 mai. Hemingway: L’Adieu aux armes.

28 mai. Frank Borzage: L’Adieu aux armes.

29 mai. Anthony Mann: L’Homme de l’Ouest.

30 mai. Bud Boetticher: L’Aventurier du Texas.

31 mai. Bud Boetticher: Sept hommes à abattre. (La quintessence.)

31 mai. Hemingway: Le soleil se lève aussi. (L’Adieu aux armes est un bien meilleur roman; un jour il faudra que je fasse ma psychanalyse pour savoir pourquoi j’aime tant ce livre-ci. Les relations du héros avec les femmes dans ce livre et ces westerns…)

1er juin. Sam Peckinpah: Coups de feu dans la Sierra. (Dernier film avec Randolph Scott. Ce n'est plus ça. Changement de paradigme. Adieu les westerns de mon enfance.)

2 juin. Murnau: Tabou.

2 juin. John Kennedy Toole: A Confederacy of Dunces. (Pénible. Enfin, ça m'a fait lire un peu d’anglais.)

5 juin. Thierry Paquot: L’Art de la sieste.

11 juin. Simone Bertière: Les Femmes du Roi-Soleil.

14 juin. Sam Peckinpah: The Deadly Companions. (En français New Mexico ! En VF.)

15 juin. Jean Prévost: Dix-huitième année. (Très intéressant quoique bien verbeux: comment un jeune homme de 27 ans (en 28) voit ses 18 ans et la France de ses 18 ans (en 19), intéressant parce que contrairement aux constructions historiques que l’on connaît bien, par exemple l’histoire du surréalisme ou n'importe quel récit de l’après-guerre, on est dans l’incohérence et le brouillard des événements proches. Je fais le lien avec ce que l’on vit aujourd’hui: on n’y voit rien. Rappel: Jean Prévost est celui qui a cassé le pouce d’Hemingway lors d’un “fameux” match de boxe. Et puis Jean Prévost c’est aussi cet homme.)

16 juin. Paolo Virzì: Folles de joie.

16 juin. James Oliver Curwood: Les Chasseurs d’or.

16 juin. Vadim Jendreyko: La Femme aux cinq éléphants.

17 juin. Henri Thomas: John Perkins. (Étrange.)

17 juin. Anthony Mann: The Far Country. (Beau.)

19 juin. Salinger: L’Attrape-cœurs.

20 juin. Jan Zábrana: Toute une vie. (Édition nulle, catastrophique, digne de l’éditeur. Mais quand on n’a pas les moyens de lire les 2000 pages en tchèque.)

21 juin. Steinbeck: Tortilla Flat.

22 juin. Steinbeck: Rue de la Sardine.

23 juin. Steinbeck: Tendre jeudi. (Toute cette trilogie fait un bien fou.) 

1er juillet. Salinger: Franny et Zooey.

10 juillet. Salinger: Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers suivi de Seymour, une introduction.

12 juillet. Salinger: Nouvelles. (Fin de ma relecture de tout le Salinger officiel et traduit.)

12 juillet. Michael Mann: Le Dernier des Mohicans.

13 juillet. Willima Beaudine: Jesse James contre Frankenstein. (Probablement un des plus mauvais films que j’aie jamais vus. Le titre original est Jesse James contre la fille de Frankenstein. Et dans le film il est question de la petite-fille de Frankenstein. On s’en fiche un peu.)

22 juillet. Fitzgerald: Les Heureux et les Damnés. (Fin de ma (re)lecture des cinq romans de Fitzgerald.) 

25 juillet. David Lodge: Un homme de tempérament. (Biopic. Il s'agit de Wells, sale type bien médiocre, résultat: moins agréable à lire que d’autres romans du même auteur.)

26 juillet. Erskine Caldwell: La Route au tabac.

27 juillet. Erskine Caldwell: Les Braves Gens du Tennessee. (Tous ça amusant, mais Caldwell n’est pas Steinbeck.)

2 août. Sciascia: Les Oncles de Sicile. (Je n’avais jamais lu celui-là… ou je ne me rappelle plus.) 

21 août. RC: Le Département de l’Hérault.

22 août. WG Sebald: Austerlitz. (Bourratif.)

3 septembre. Anonyme: L’Art de foutre en quarante manières. (À peine amusant. Du moins ce n’est pas sadien. C’est “gentil”, comme disait V à propos d'autre chose. Je préfère Miller.) 

4 septembre. Wladyslaw Reymont: Pèlerinage à Czestchokowa. (Petit chef-d’œuvre. Donc il va falloir lire Les Paysans. On n’en finira jamais…)

18 septembre. Barbey d’Aurevilly: Articles et chroniques

22 septembre. Edmond Dziembowski: La Guerre de Sept Ans.  

26 septembre. Nabokov: Feu pâle. (Toujours aussi peu enthousiaste. Que lui trouvez-vous à ce roman? Quelque chose m’échappe.) 

6 octobre. André Breton: L’Amour fou. (Affecté et suranné. Comment ai-je pu aimer ça à vingt ans? (lu en avril et en décembre 1969). (Mais je reste fidèle à mes anciennes amours.) Le chapitre V: Le Teide: mais ce n’est pas du tout ça! Le chapitre IV: rencontre, cohérence: le même thème que Feu pâle (je me comprends).)

17 octobre. Ettore Scola: Nous nous sommes tant aimés. (Et pleurons encore une fois à gros bouillons.)

17 octobre. Aragon: Le Fou d’Elsa. (Lourd, très lourd.)

24 octobre. Michel Antoine: Louis XV. (1000 pages. Très bien. Hagiographique.) 

25 octobre. Hubert Méthivier: Le Siècle de Louis XV. (On ne dira jamais assez de bien des cinq «Que-sais-je?» de Méthivier, inspecteur général de l’Instruction publique.)

26 octobre. Madame de Brancas: Histoire de Madame de Châteauroux. (Toujours un petit plaisir de relire ce volume.)

26 octobre. SFU I, 1-12 ; II, 1-4.

29 octobre. Ettore Scola: Splendor (Affinité profonde avec Scola.)

30 octobre. Voltaire: Précis du siècle de Louis XV suivi de Histoire de la guerre de 1741. (Voltaire lucide et humain, ça me rabiboche avec lui. Pléiade 1957: quasi sans notes.)

30 octobre. Andrzej Munk: De la veine à revendre. (Le titre original: Zezowate szczęście, que je copie pour le plaisir. Typiquement polonais. Bien.)

1er novembre. Andrzej Munk: Eroica.

2 novembre. Ettore Scola: Passion d’amour.

3 novembre. Choiseul: Mémoires. (Oh! Comme il sait arranger certains faits! Il n’a pas pensé que deux cents ans plus tard il y aurait une édition avec des notes de bas de page.)

3 novembre. Ettore Scola: La Nuit de Varennes. (Magnifique, quasi sublime.)

6 novembre. Peyton Reed: The Break-Up.

7 novembre. Ingmar Bergman: Le Rite.

7 novembre. Aragon: Je n’ai jamais appris à écrire ou Les Incipit.

8 novembre. Ingmar Bergman: Après la répétition. (Excellent.)

19 novembre. Jean Schlumberger: Le Lion devenu vieux. (C’est Retz. Une curiosité.)

22 novembre. GC: Après la vieille étreinte.

23 novembre. SFU, saison II, 5-13 et saison III, 1-13. (En cinq jours.)

24 novembre. Jean Egret: Louis XV et l’opposition parlementaire.

26 novembre. Julien Duvivier: Marianne de ma jeunesse. (J’avais 11 ans, je n’étais pas loin de l’Allemagne. Film en toc, romantisme germanique château hanté et culottes de peau. Un des films qui a fait ce que je suis.)

27 novembre. Ingmar Bergman: Rêve de femmes.

28 novembre. Jacques Demy: Lola. («Arrêtez le massacre!» Trop tard! Les premières images nous montrent La Baule (la ville la plus moche de France) en 1960. Quoi! C’était cela! Qu’en avez-vous fait? Quiconque n’aime pas le cinéma de Demy et en particulier ce film… etc., )

29 novembre. Les frères Larrieu: L’amour est un crime parfait. (Pas si pire, pour un film des Larrieu c’est regardable.)

30 novembre. Nagisa Oshima: L’Empire des sens.

2 décembre. Ingmar Bergman: Crise. (1946, le premier. Bien.)

3 décembre. Ingmar Bergman: De la vie des marionnettes. (Fatigant.)

4 décembre. Jean-Paul Desprat: Le Cardinal de Bernis. (C’est bien raconté.)

5 décembre. Satyajit Ray: Des jours et des nuits dans la forêt. (Beau.)




lundi 5 septembre 2016

Comment ne pas voyager

(écrit il y a un an)


J’avais promis un article à notre honorable rédacteur en chef le mois dernier, que je n’ai pas écrit. Voici pourquoi.
En ce début du mois de septembre, il faisait un temps radieux, si radieux que je me décidais à accomplir une promesse que je m’étais faite à moi-même et qu’il fallait accomplir vite, car les années filent, même si certains le nient, et les jambes, répondent de moins en moins. Et passent de moins en moins les douleurs, les bobos, les arthrites, les signes avant-coureur,  qui sont promesses de déambulateur, de chaise roulante, de maison de retraite, d’immobilité définitive. En tout cas qui nous promettent de ne plus trop courir les chemins de grandes ou de petites randonnées.
Donc j’étais résolu à partir à pied tant que je pouvais encore le faire.
Il fallut d’abord acheter un guide. Je ne tairai pas le nom de ce guide, d’autant que je le recommande car il est très bien fait, il s’agit d’une collection dont le titre nous fait hésiter au départ : ce guide est celui de la collection Miamiam Dodo — un titre comme ça ne s’invente pas ! Puis il fallut dresser une liste, suivre une « check list » bien établie, lui obéir méthodiquement, sans en sauter une ligne, ce sont les détails les plus simples qui importent le plus. Donc aller dans la grande surface, dont je tairai le nom, se procurer les affaires nécessaires, chaussures, sac à dos (attention au piège : trop petit vous n’y mettrez pas grand-chose, trop grand, il faudra se le coltiner le long du parcours, ça pèse aux épaules), cape de pluie, chaussettes sans couture, pommade pour les pieds enflés, brûlés, arrachés, cloqués, meurtris, et les mollets raidis… Et faut-il emporter sa tente ? en septembre ? bref, une multitude de petites questions auxquelles il ne faut pas manquer de répondre judicieusement.
Faire son check-up aussi : comment va la petite santé ? Avant le départ, des semaines avant, voire des mois avant le départ, il a fallu s’entraîner, et après recommencer une fois les nouvelles chaussures achetées, car comment marche-t-on avec ses nouvelles chaussures ? elles doivent s’assouplir, s’élargir, s’adapter aux pieds fragiles, se « faire ».
Et puis à l’aide du Miamiam Dodo, téléphoner aux hôtels, gîtes d’étape, campings avec mobil-home. On ne peut plus partir à l’aventure. Plus il y a de chemins aménagés, moins il y a de chemins « libres » ; à vrai dire, il n’y en n’a plus. Plus il y a de randonneurs moins on est autorisé à faire du camping sauvage. À vrai dire, je crois que c’est interdit partout en France désormais. Il n’y a qu’au-dessus de 2500 mètres d’altitude, au bord d’un torrent de montagne, que l’on est à peu près assuré qu’il n’y aura pas un garde champêtre qui viendra vous réveiller en vous tirant par les pieds au milieu de la nuit. Et en suivant le guide, bien lire les chemins, les cartes, parce que, d’une part, on l’a dit, il n’est plus possible d’emprunter des chemins hors des chemins balisés, d’autre part, à pied, si vous vous égarez et que vous devez rebrousser chemin et faire ne serait-ce que cinq kilomètres de plus, ou si le soir après trente kilomètres de marche, épuisé, vous vous rendez compte que le seul endroit où dormir est à dix kilomètres de là, c’est bien embêtant, bien plus embêtant que lorsque, en automobile, l’on a raté la sortie à une bretelle d’autoroute. Donc partir à l’aventure, c’est ne pas partir à l’aventure.
Mais il faisait si beau, il y avait la promesse d’un si chaud automne, nous fréquentions encore les plages, nous nous immergions encore dans la mer de Bretagne pas si froide, que nous décidâmes de retarder le grand départ et d’aller à la découverte de là où la terre finit, le Finistère.
Un jour à l’île de Sein, deux kilomètres de long sur moins d’un de large, pas un arbre, de la belle lumière et du vent, trois monuments en mémoire des fameux héros qui rejoignirent de Gaulle aux toutes premières heures, un ou deux petits cafés, un grand phare noir et blanc, et au-delà, la « chaussée de Sein », ce prolongement de l’île loin en mer, sous forme de récifs, d’écueils traitres, avec, tout au bout, sentinelle isolée, le célèbre, le mythique phare Ar Men.
Un jour, la rivière Odet, qualifiée par beaucoup, et c’est dit-on Zola qui le dit le premier, de « plus belle rivière » de France. Mettons. Elle sillonne charmante entre des bois touffus, à travers lesquels par place une trouée permet d’apercevoir des belles demeures néogothiques bâties par les riches Quimpérois.
Un jour, pour finir, le plus beau jour, l’archipel des Glénan (sans « s » à Glénan), à quelques encablures de la côte, tout une farandole d’îles disposées en cercle, bien découpées, avec plages et caps pittoresques, landes, tapis de fleurs inconnues. Par un temps superbe. De Sein, des Glénan, de cette semaine de début septembre, je retiens surtout la lumière.
Je suis rentré, prêt à partir à pied — enfin ! Mais le temps avait changé. Je me suis assis devant le poste de télévision à écouter heure par heure les prévisions météorologiques des jours suivants. Je me suis assis devant la fenêtre à observer les gouttes qui glissaient lentement sur la vitre.
Nous n’irons pas par les chemins, ni sur les traces de Flaubert, ni sur celles de Stevenson, ni non plus à la suite des pèlerins de Compostelle, nous rentrerons dans nos pénates, au chaud, à guetter les tempêtes d’ouest, à surveiller les frimas devant notre cheminée, nous attendrons la nuit qui tombe tôt, un livre ou un chat sur les genoux, nous verrons à la télévision la nouvelle intifada en Israël, les attentats en Turquie, ou les embouteillages monstrueux sur le périphérique parisien, ou encore la dernière petite phrase de nos hommes politiques, nous resterons reclus à attendre les beaux jours, à moins que…



 

samedi 16 janvier 2016

Samedi 16 janvier 2016


— Comme je ne sais quoi écrire je vais écrire sur les morts, de Michel Delpech à Boulez en passant par André Turcat.
J’ai le cœur meurtri, V avait encore une fois raison. Je ne lui ai pas écrit, et maintenant il est trop tard.

— La prière de David Bowie.

— Mes amis de gauche n’aiment plus Élisabeth Badinter.

— Série «Petits bonheurs du jour». (Il n’y en aura pas tous les jours.)
Marcher dans la rue avec une bande dessinée de Frank Margerin sous le bras, puis avec un Lucky Luke. Cela m’a fait penser – avec un sourire – à une toute petite anecdote concernant mon père. Il y a cinquante ans, il a dû porter sous le bras mes disques 33 tours de Ray Charles et Elvis Presley; quand il a croisé dans la rue quelqu’un qu’il connaissait, il a tenté de les dissimuler, comme s’il avait des revues pornos, puis il s’est expliqué, justifié, «c’est à mon fils, vous comprenez», quelle honte! et, arrivé à la maison, péremptoire: «la prochaine fois tu iras chercher tes disques toi-même».


— Série «L’événement qui vous donne le plus d’espoir». (Là encore, il n’y en aura pas tous les jours.)
Ça se passe en Ouganda.


— Série «Découvertes»: un nom: Ewa Demarczik.

jeudi 31 décembre 2015

Au long cours


En 2015, j’ai lu des livres, j’ai vu des films.


2 janvier. Balzac: Pierrette.

2 janvier. Lubistch: Cluny Brown. (Encore une histoire de servante, mais ce n’est pas la même.)

3 janvier. Balzac: Le Curé de Tours.

3 janvier. Lubitsch: Trouble in Paradise.

4 janvier. Lubitsch: Ninotchka.

5 janvier. Lubitsch: L’Éventail de Lady Windermere.

6 janvier. Lubitsch: Heaven Can Wait. (Je pleure à chaudes larmes.)

[7 janvier: je ne pouvais pas savoir la veille que j'allais avoir de plus “sérieuses” raisons de pleurer le lendemain.]

9 janvier. Balzac: La Rabouilleuse.

10 janvier. Balzac: L’Auberge rouge.

11 janvier. Balzac: L’Illustre Gaudissart.

11 janvier. Lubitsch: To Be or Not To Be.

12 janvier. Lubitsch: An Hour With You. (Le plus mauvais Lubitsch?)

13 janvier. Wajda: Danton. (Très bien. Excellent. Robespierre, je veux dire l’acteur polonais qui joue le rôle, prend le pas sur Depardieu.)

14 janvier. Lubistch: That Uncertain Feeling. (Traduction française; Illusions perdues!) 

15 janvier. Balzac: La Muse du département. (Très fort.)

15 janvier. Lubitsch: The Marriage Circle. (L’original, muet, de An hour With You, et bien meilleur. Baise-mains et adultères. Si dans la vraie vie (IRL) on pouvait ne pas parler plus qu’on ne parle dans les films muets de Lubitsch peut-être que les relations humaines seraient moins tendues.)

16 janvier. Lubitsch: Eternal Love. (Muet.)

17 janvier. Balzac: La Vieille Fille.

17 janvier. Lubitsch: Cluny Brown. (Deuxième! Magnifique! Le meilleur! Un peu fleur bleue!) 

19 janvier. Lubitsch: Ninotchka (Deuxième. Fin de Lubistch faute de dvds.) 

19 janvier. Balzac: Le Cabinet des Antiques

20 janvier. Max Ophüls: Lettre d’une inconnue. (Ajout du 15 février: mort de Louis Jourdan, qui était formidable dans ce film. De même que Charles Boyer dans Cluny Brown.)

21 janvier. Max Ophüls: Madame de…  

22 janvier. Max Ophüls: Caught.

23 janvier. Francesco Rosi: La Tregua.

24 janvier. Davide Ferrario: Le Voyage de Primo Levi.

25 janvier. Blake Edwards: La Panthère rose.

30 janvier. SFU, saison 5. (Deuxième fois. Je pleure toutes les larmes de mon corps mais c’est bien.) 

31 janvier. Lubitsch: Broken Lullaby (L’Homme que j’ai tué). 

1er février. Max Ophuls: Lola Montès.

2 février. Max Ophuls: La Ronde. (Il faudrait que je reprenne mon idée d’écrire «la ronde» du XIXe siècle: Musset, Sand, Sandeau, Dorval, Vigny, Colet, Flaubert, etc. Et une ronde à partir de facebook? chut…)

3 février. Frank Capra: Lost Horizon. (Étonnant, parfois mal à l'aise, sur le fil, mais Capra s’en sort bien.)

4 février. Gertrude Bell: Letters. (Tome I et II, mais où est le tome III?)

4 février. Frank Capra: The Matinee Idol. (Muet. Avec deux passages qui amuseraient nos amis pédés. Note: Capra et Primo Levi avaient un point commun: ils étaient ingénieurs-chimistes)

5 février. Frank Capra: Meet John Doe. (Chef-d’œuvre. Note: Capra est né à Bisacquino.)

5 février. Yves-Marie Congar: Entretiens d’automne. (Si je dis que Congar est à la théologie ce que Lucien Febvre est à l’histoire, je dis une bêtise?)

6 février. Frank Capra: It’s a Wonderful Life. (J'ai toujours eu du mal avec ce film.)

6 février. Giono: Notes sur l’affaire Dominici suivi de Essai sur le caractère des personnages. (Il a fallu que je rompe avec mon “plan” de lecture, en raison de tel procès, lequel appelait nécessairement et toute affaire cessante cette lecture-là. Le court texte sur les personnages est un des petits bijoux du corpus gionien. Mais il y en a tant…)

8 février. Frank Capra: You Can't Take It With You. (Dans l'absolu, un de mes films préférés, «énergisant absolu».) 

9 février. Frank Capra: Mr. Smith Goes to Washington

9 février. Louis Rougier: Histoire d’une faillite philosophique: la Scolastique. (Troisième lecture. Je vais essayer d’écrire un court billet. En attendant on peut lire… et lire)

10 février. Frank Capra: Arsenic et vieilles dentelles. (Je crois que j’entends encore le rire de mon père.)

11 février. Frank Capra: It Happened One Night. (Pour se marier, tu vas chercher une licence, que tu as dans la journée. Après tu peux dormir avec ta belle dans un motel, non sans avoir montré au tenancier ladite licence — bien entendu. Tu peux aussi faire annuler le lendemain. Pratique.)

12 février. Balzac: Les Petits Bourgeois.

12 février. Frank Capra: Broadway Bill. (C’est un cheval. Un film pour Claude. Escapade avec belle-sœur — pas très moral tout ça. Mais on ne couche pas.)

13 février. Frank Capra: American Madness. (La banque et la crise de 29, le film est de 32. Film noir. La morale est sauve.)

13 février. Balzac: Les Employés. (La Bruyère!)

14 février. Capra: Pourquoi nous combattons 1 et 2. (Cette insinuante peste qui nous ronge fait que je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la situation actuelle.)

14 février. Capra: Long Pants. (Pantalonnade, c’est le cas de le dire. Pas drôle. Il faut quinze ans et moins pour aller de Harry Langdon aux grands films de Capra et à Why We Fight. Le monde allait vite.)

15 février. Capra: Platinum Blonde. (Pétillant, qu'est-ce que c’est drôle! Quel plaisir sans mélange que ce petit film! On comprend que Jean Harlow, à part bandante, mais bien, était bonne à rien. Mais ce destin, il ne faut pas dire ça… )

15 février. Hitchcock: Rear Window. (Pour une fois je suis d’accord avec moi-même, non seulement c’est probablement le meilleur film d’Hitchcock mais en plus c’est mon préféré.)

15 février. Hitchcock: Juno and the Paycock. (D'après O’Casey. Ça commence en comédie, ça finit en très noire tragédie. Bien religieux, bien catho tendance Irlande début XXe. Mesurer l’évolution d’Hitchcock: entre ce film et le précédent cité ci-dessus, il se passe 23 ans. Le monde allait vite.)

16 février. Hitchcock: Une femme disparaît. (Oui, en français, parce que ce fut un dvd acheté dans un supermarché. Voir la suite.)

16 février. Hitchcock: Secret Agent. (En français Quatre de l’espionnage, parce que voir la suite. La Suisse plus Syldavie que la Caronie de Lady Vanishes. D'après Maugham, ça finit dans les sables de Gertrude Bell. Madeleine Carroll, entre les 39 marches et Zenda.)

17 février. Hitchcock: Sabotage. (En français Agent secret, ne pas confondre avec le précédent, celui-ci d’après Conrad, ses Possédés ridicules, ne pas confondre non plus avec Saboteur, titre original du même Hitchcock, en français La Cinquième colonne, lequel titre ne doit pas être confondu avec l’œuvre d’Hemingway, etc.)

18 février. Douglas Sirk: There’s Always Tomorrow (Décidément ce n’est pas ma tasse de thé. Ce film m’a fait penser, et notamment le fils, à cette photo. Saurez-vous reconnaître le petit garçon à droite?)

19 février. Douglas Sirk: Les Amants de Salzbourg (Titre original: Interlude. On entend du Wagner. Ont-ils seulement couché ensemble? L’actrice a une voix douce, douce et rauque, et un beau sourire. Tous les clichés sont là… jusqu'à la décapotable rouge! Et Françoise Rosay. J'apprends que Françoise Rosay est la fille naturelle du comte François Louis Bandy de Nalèche, et que son grand-père est donc Louis Bandy de Nalèche.)

20 février. Morten Tyldum: Imitation Game. (Turing. C’est bien plat.)

21 février. Max Ophuls: Le Plaisir

22 février. Douglas Sirk: The Tarnished Angels. (D’après Pylone, «pas mal» (c’est une citation — récurrente).)

22 février: Hitchcock: Shadow of a Doubt. (Ce film me met toujours très mal à l’aise.)

23 février. Douglas Sirk: Battle Hymn. (En français Les Ailes de l’espérance. 1956, guerre de Corée, de la religion, un amour impossible, la guerre, avec les gentils américains et les méchants communistes, de quoi faire s’étrangler de fureur Jacques Duclos et tout le comité central. Une larme à la fin. Évidemment ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça.)

24 février. Douglas Sirk: Magnificent Obsession. (Romance, hospital, new age, certainement d'après un roman des éditions Harlequin.) 

26 février. Frank Capra: Mr. Deeds Goes to Town. (La bonté et l’amour triomphe. Énergisant.)

27 février. Douglas Sirk: Captain Lightfoot. (Exactement le genre de film qui m’emballait quand j’avais quatorze ans. Je suis moins “naïf”, hélas, aujourd’hui, mais ça me plaît toujours autant. Gavage de Rock.)

1er mars. Xavier Selva: Carnets d’images. Histoires euréliennes. La Beauce 1930-1980. (Un montage de films amateurs. Je me dis que c'est cela le vrai cinéma.)

3 mars. Balzac: La Cousine Bette

4 mars. SFU, saison V. (Troisième fois, madeleine, et je pleure de nouveau, à nouveau, encore, encore, comme une fontaine, ça ne peut plus s’arrêter.)

18 mars. Tim Burton: Big Eyes.

27 mars. René Féret: Anton Tchekhov — 1890.

29 mars. George Sand: Le Meunier d’Angibault.

30 mars. Jérôme Bonnell: À trois on y va. (Niais.) 

31 mars. Frank Capra: State of the Union. (Un ton en dessous, faut dire que je ne suis jamais emballé par le couple formé par Spencer Tracy et Katharine Hepburn. Mais bien quand même.)

2 avril. Pascal Quignard: Sur l’idée d’une communauté de solitaires. (Des passages géniaux, auxquels je ne comprends rien, brillants, magnifiques, et d'autres exaspérants au possible. Mais un bon titre pour commencer l’exil. Premier livre acheté ici.)

7 avril. Alphonse Daudet: Lettres de mon moulin.

9 avril. Claude Farrère: Une jeune fille voyagea

13 avril. Alphonse Daudet: Port-Tarascon.

16 avril. Alphonse Daudet: Sapho. (Très bien.)

17 avril. Reiser: Vive les vacances.

20 avril. Eugène Green: La Sapienza. (Très beau. Borromini.)

21 avril. Mario Martone: Leopardi. (Titre original: Il giovane favoloso. Biopic. Où l’on retrouve la loterie napolitaine.)

21 avril. Jean Guéhenno: Carnets du vieil écrivain. (Récupéré dans une poubelle. Thaddée voulait le jeter. Elle, qui aime les livres de Guéhenno, a trouvé celui-ci sans aucun intérêt. Et justement, et cela m'inquiète. Thaddée est jeune. Il faut avoir mon âge pour aimer de telles ratiocinations. Ce qui m’inquiète c'est que j’ai mon âge.)

22 avril. Peter Bogdanovich: She’s Funny That Way. (En attendant le train. Film sympa (agréable) qui devrait plaire à certaine de mes amis. Tout au long du film je me suis dit: cette actrice ressemble à Jennifer Aniston. Et c’était Jennifer Aniston. Série “Cohérence”: référence constante à Cluny Brown. Le titre français est sans imagination.) 

23 avril. Frank Capra: Pocketful of Miracles. (Vivifiant, comme tous. Peut-être un jour faudra-t-il arrêter de voir d’autres films?)

24 avril. Uberto Pasolini: Still Life (En français Une belle fin. Encore un problème de titre.)

25 avril. Alexeï Guerman: Il est difficile d’être un dieu. (Épuisant, c’est un devoir d’aller voir ce film, mais on n'est pas obligé de s'imposer de telles contraintes — moi, si, il faut bien. Un peu plus supportable que Khroustaliov, ma voiture! (je suis toujours à me demander si ce titre est en référence à la dernière réplique de la pièce de Griboïedov).)

26 avril. Wim Wenders: Every Thing Will Be Fine.

27 avril. Eric Rohmer: L’Amour l’après-midi. («Très moral», dit Jean.)

28 avril. Vittorio De Sica: Le Jardin des Finzi-Contini.

29 avril. RC: Vue d’œil

3 mai. San Antonio: La Matrone des sleepinges.

4 mai. Jean Prévost: Rachel. (Déjà presque oublié…)

5 mai. Richard Wagner: L’Or du Rhin. (Lecture, en français.)

7 mai. Jiří Mucha: Au seuil de la nuit. (lien)

13 mai. Richard Wagner: L’Or du Rhin. (IRL)

14 mai. Wagner: La Walkyrie. (En vrai, chanté et tout.)

15 mai. Wagner: Siegfried. (Idem.)

17 mai. Wagner: Le Crépuscule des dieux. (À Dessau.)

21 mai. Giulio Ricciarelli: Im Labyrinth des Schweigens. (Je mets le titre en VO.)

23 mai. Wagner. La Walkyrie. (DVD Boulez/Chéreau.)

31 mai. Bertolucci: Prima della rivoluzione. (Au cinéma, au premier rang.)

1er juin. Jafar Panahi: Taxi Téhéran

1er juin. Wagner: Le Crépuscule des dieux. (DVD Boulez/Chéreau.)

9 juin. Arnaud Desplechin: Trois souvenirs de ma jeunesse. (Je crois que c’est mal vu: il n’empêche que j’aime les films de Desplechin; pire, je pense que c’est un bon “cinéaste”.)

10 juin. Nicolas Roeg: Walkabout. (Le réalisateur de Performance, film qui date de l’année d'avant. Très étonnant. Belle progression. Faune, flore, géographie de l’Australie. Un aborigène (cf. Chatwin). Scénario Edward Bond. Ce n'est qu’un petit film des années soixante. Les années soixante n’ont pas encore dit leur dernier mot.)

11 juin. Michel Delon: Album Casanova. (Bon digest, est-ce la peine d’en lire plus?)

Juin. Jacques Péret: Petite histoire de Cordouan.

Juin. Franck Delorme: L'Église Notre-Dame de Royan. Guillaume Gillet et le gothique moderne.

Juin. Balzac: Le Cousin Pons. (Génialissime.) 

Juin. Balzac: Gaudissart II.

Juin. Balzac: Les Comédiens sans le savoir.

Juin. Benoît Desprez: Chauve(s).

20 juin. Hemingway: En avoir ou pas. (Curieux livre, curieux montage. Est-il bon est-il mauvais? Traduction de 1945, bien périmée, d’un certain Maurice Duhamel. Parfois on dirait une mauvaise parodie de Hammett. Le thème de l’impuissance, récurrent. Quel lien y a-t-il avec le film ? Vérification faite, le Maurice est Marcel, donc c'est traduit comme les séries noires le furent; l’éditeur n’aurait pas refait faire une nouvelle traduction et mis telle quelle celle-là dans la Pléiade.)

21 juin. Maurice Dekobra: Pourquoi mourir ? ( Cela commence comme du Hemingway: cocktails entre gens de bonne compagnie, riches, artistes, comtesses d’origine slave, sur un yacht ancré dans un port chic, de Key West, de Cannes.) (Je lis ce que j’ai sous la main.) 

Juin. Balzac: Un homme d’affaire.

Juin. Balzac: Un prince de la bohème. (Tous ceux-là sont des petits.) 

22 juin. Francis Carco: Verotchka l'étrangère ou Le Goût du malheur. (Plus proche de Dekobra que de Marcel Proust. Cela continue, ah! les années vingt! encore un cocktail avec des gens du monde et des beautés slaves. Citation: «et vous croyez qu’elle est une maîtresse… la plus empressée au plaisir. Bientôt, c’est le sien qui compte… et vous verrez comme elle est dure, cruelle, pour ce plaisir… Elle vous mènera où elle va.»)

23 juin. Carco: Rien qu’une femme. (Pas mal. Naturalisme, une pâture pour la psychanalyse. L’enfer du sexe, sordide et tout (cf. Tricks, et inévitablement je reviens à… Citation: «Chacun sa vie, n’est-ce pas?… chacun sa peine.»)

24 juin. Mac Orlan: La Cavalière Elsa. (Roman de 21. Tendance Delteil. Pas très réussi vers la fin. Mais c’est bien plaisant à lire, et gonflé de citations plus ou moins arbitraires qui font sourire, voire dont on se délecte. Longues citations)

4 juillet. Georges Javel: La Bataille navale des Cardinaux. (Nul. Lire Le Moing.)

5 juillet. Thomas Vinterberg: Loin de la foule déchaînée. (Pas désagréable du tout à regarder. Loin du dogme. Barbe trop bien taillée, trop début XXIe, du héros, un acteur que je ne connais pas ; et comment faire un film de deux heures d’un gros roman touffu ? L’enchaînement des plans est assez bien fait. Je me demande si les êtres humains de la fin du dix-neuvième siècle se roulaient des pelles lorsqu’ils se déclaraient leur amour sur fond de coucher de soleil?)

5 juillet. Jacques Doucet: Apollinaire à La Baule suivi de Apollinaire permissionnaire en Bretagne. Bénodet et Kervoyal. (Le titre est plus long que le texte complet du livre. Il s’agit d’un autre Jacques Doucet. Pourquoi ne lis-je que très peu d’Apollinaire, que je connais très mal, alors qu’à chaque fois que je découvre des bribes de ses vers je suis enthousiaste? Chaque vers de circonstance, chaque phrase d’une lettre banale envoyée à un ami, a la grâce.)

6 juillet. Fabienne Jacob: Corps. (L’auteur est l’amie d’une amie.) 

12 juillet. Nathalie Sarraute: Pour un oui ou pour un non. (Filmé par Doillon, pas exaltant.)

15 juillet. Jean Merrien: Le Livre des côtes de France. Océan atlantique. (1960. Les vacanciers sont des «baigneurs», les voiliers de trois mètres sont des «yachts». Les Bretonnes portent des coiffes. L'auteur voit des villes d’Ys sur toute la côte bretonne. Le moindre accident géologique est la preuve de la catastrophe de 709. Un guide que j’ai lu de la première page à la dernière, comme un roman. Il a des formules heureuses, du style.)

17 juillet. Maurice Barrès: Les Déracinés. (Pour poursuivre dans l'inactuel. Lire l’enterrement de Victor Hugo.)

19 juillet. Peter Greenaway: Eisenstein in Guanajuato. (Je déteste Greenaway mais je sais reconnaître ses qualités, et parfois il m'amuse, mais là… c'est nul.)

22 juillet. Balzac: Les Paysans. (La lutte des classes.) 

Juillet. Balzac: Le Médecin de campagne. (Édifiant.)

Août. Balzac: Le Curé de village. (Les quatre-vingts premières pages: pur roman policier. La suite est édifiante.)

19 août. Catherine Corsini: La Belle Saison. (Ç’aurait pu être bien pire. Une après-midi d'été, seul, vu par flemme.) 

1er septembre. Balzac: Le Lys dans la vallée. (Ce n’est pas ce qu’on croit.)

1er septembre. Alberto Rodríguez: La Isla mínima. (Très bon film policier.)

2 septembre. Apichatpong Weerasethakul: Cemetery of splendour. (Il ne pleut pas mais le ciel est toujours gris. Les protagonistes disent qu’il fait chaud.)

3 septembre. Carlos Vermut: La Niña de fuego. (Film espagnol: le titre original (espagnol donc) est Magical Girl. Impossible de m’intéresser à ce film. Je pense à autre chose.)

12 septembre. Jaco Van Dormael: Le Tout Nouveau Testament. (Exaspérant, pas drôle du tout.) 

17 septembre. Shakespeare: La Nuit des rois

11 octobre. De Niro: Raisons d'État (troisième fois, toujours bien).

12 octobre. Roger Donaldson: Braquage à l’anglaise.

12 octobre. Henri Quéffelec: Un recteur de l’île de Sein. (Ah oui, certes ! démodé ! (c’est ça qu’est bien).)

13 octobre. Chabrol: Poulet au vinaigre. (Jean Poiret est formidable.)

14 octobre. Rappeneau: Belle famille. (Il faut être très fatigué pour y prendre plaisir.)

15 octobre. Woody Allen: L’Homme irrationnel. (Probablement un des plus mauvais films de WA, même pas drôle.)

16 octobre. Zyrànna Zatèli: Le Vent d’Anatolie.

17 octobre. Thierry Guidet: Le Canal. À pied de Nantes à Brest.

18 octobre. Danièle Thompson: Le code a changé. (Il faut être vraiment très fatigué pour avoir la flemme de regarder cela jusqu’au bout, presque aussi fatigué que la réalisatrice.)

19 octobre. Petros Markaris: Liquidations à la grecque. (Bien banal.)

20 octobre. Jos Fouquet: Ar Men, la construction du phare.

26 octobre. Scorsese: Taxi Driver. (Film jamais vu.)

27 octobre. Aurélien Rosset: Emprise.

6 novembre. Jacques Lacarrière: Dictionnaire amoureux de la Grèce. (Un peu feignant, recyclage de vieux textes. Ça peut rendre service à ceux qui n’ont rien lu, ou pour réviser).

6 novembre. Jacques Lacarrière: L’Été grec. (Je suis toujours enthousiaste. D’autant que maintenant, c'est fini de fini: cette Grèce là n'existe plus.)

26 novembre. Leos Carax: Les Amants du Pont-Neuf.

30 novembre. Jean-Pierre Jeunet: Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

1er décembre. Patrick Leconte: Le Mari de la coiffeuse. (Au hasard de la dvdthèque de ma logeuse, les films français quelle a voulu partager avec moi.)

4 décembre. Julian Barnes: Metroland. (En VO. Bien.)

5 décembre. Yórgos Tzavéllas: Antigone

8 décembre. Justin Kurzel: Macbeth. (Ça a dû être filmé pas loin de Kråkmo.)

9 décembre. Spielberg: Le Pont des espions.

11 décembre. Shakespeare: Macbeth. (Traduction Schwob.) 

15 décembre. Orson Welles: Macbeth.

15 décembre. Nanni Moretti: Mia Madre

16 décembre. Michel Leclerc: La Vie très privé de monsieur Sim. (Qu’est-ce que je me suis ennuyé!)

17 décembre. Les frères Larrieu: Vingt et une nuits avec Pattie. (Je ne me suis pas ennuyé. Ils sont toujours obsédés. Je spoile: la morale est sauve.) 

17 décembre. Robert Seethaler: Le Tabac Tresniek.

19 décembre. Pasolini: Œdipe Roi.

20 décembre. Pasolini: Médée. (Je ne sais rien dire sur ces deux films.)

21 décembre. Jean Rouch, Edgar Morin: Chronique d’un été. (1960.)

24 décembre. Shakespeare: Macbeth. (Enregistrement de la BBC. Très bien.)

25 décembre. Séféris: Pages de Journal (1925-1971). (Fini ce jour-là. Livre de chevet, à classer dans la bibliothèque de chevet. C'est-à-dire l'avoir toujours à son chevet, à portée de main, le regarder chaque soir, s’assurer qu'il est bien là. S’endormir en le sentant là, tout près. Nota: dresser la liste de ses livres de chevet.)

30 décembre. Welles (et Jeff Franco): Don Quichotte. (Que c’est pénible.)

31 décembre. Françoise Frenkel: Rien où poser sa tête. (Et avec ce livre finir l’année…)